Signature Patrice Vergriete Maire de Dunkerque et Président de la communauté urbaine

MAIRE DE DUNKERQUE - PRÉSIDENT DE LA COMMUNAUTÉ URBAINE

Amiante, le temps de la responsabilité doit venir !

26 juillet 2019

Ardeva

Plusieurs jugements prononcés récemment à propos du scandale de l’amiante montrent que le combat que nous menons depuis des années, avec les associations de victimes et les représentants des salariés, doit nous mobiliser inlassablement jusqu’à ce que justice soit établie.

Le 11 juillet dernier, un non-lieu a été ordonné pour les responsables du groupe Eternit spécialisé dans l’amiante. Le 17 juillet un non-lieu était également prononcé dans le dossier de l’équipementier automobile Ferodo-Valeo. Ces deux décisions s’ajoutent malheureusement à la trop longue liste des décisions injustes concernant l’amiante. Rappelons que l’amiante pourrait provoquer, d’ici à 2025, 3 000 décès par an

Ce sujet me tient particulièrement à cœur. A Dunkerque, nous connaissons tous parmi nos proches, nos familles, nos amis une personne touchée par la maladie. Ici, comme ailleurs, il est essentiel que les élus locaux se tiennent aux côtés des victimes et de leurs familles. Nous devons présenter un front unis pour faire avancer l’intérêt général. C’est le sens de l’action que nous menons avec l’équipe municipale, les associations, les salariés et les acteurs locaux de la santé.

Un fléau qui touche particulièrement le Dunkerquois

Le 20 décembre dernier, le tribunal Administratif de Lille a reconnu l’établissement Ascométal Usine des Dunes, comme site amianté. Cette décision devait être inscrite au Journal Officiel dans les 6 mois, permettant ainsi aux salariés de faire valoir leurs droits.
A ce jour, cette inscription n’a toujours pas eu lieu. Ce retard est incompréhensible et extrêmement préjudiciable.
J’ai rencontré les représentants des salariés qui m’ont fait part de leur colère face à cette situation. Cette colère est selon moi parfaitement justifiée. C’est pourquoi j’ai écrit à la ministre du travail pour lui demander que cette inscription soit faite dans les meilleurs délais et que les salariés puissent jouir de leurs droits légitimes.

L’Ardeva, qui compte plus de 2300 familles adhérentes, continue quant à elle son combat pour une reconnaissance de la responsabilité pénale de ceux qui durant des décennies ont empoisonné les travailleurs.  Là encore, l’année 2018 s’était terminée par des décisions défavorables aux victimes, dans une procédure qui court depuis 22 ans.  Avec leurs avocats, les membres de l’association continuent à se mobiliser pour obtenir la tenue d’un grand procès public de l’amiante. Nous sommes fiers de pouvoir soutenir l’Ardeva. Un soutien qui va bien au-delà de la simple participation financière au fonctionnement de l’association.

Nous agissons au quotidien

Dès 2014, je me suis tenu au côté des associations pour porter leurs revendications au sommet de l’Etat. Nous sommes ainsi parvenus à obtenir l’arrivée du Tep-scan à Dunkerque en février 2017 après des années d’attente. Cette arrivée a réparé une injustice terrible qui faisait que notre territoire particulièrement touché par les maladies liées à l’amiante ne disposait même pas des outils les plus modernes pour faciliter les diagnostiques et améliorer les traitements. Le pôle d’imagerie médicale de notre hôpital a ensuite été complété avec l’arrivée du nouvel IRM 3T.
L’arrivée du TEP Scan a été une grande victoire. C’est une mesure salutaire, mais il est aussi nécessaire que les responsabilités de tous les acteurs de ce scandale sanitaire soient établies.

Préparons l’avenir ensemble

Nous préparons aussi l’avenir sur le territoire, en faisant en sorte que de tels scandales sanitaires ne puissent se reproduire. Aujourd’hui, il est question d’inventer et de porter un nouveau modèle plus respectueux et plus durable. Des changements sont à l’œuvre et l’on peut dire que le Dunkerquois est déjà entré en transition. C’est le sens de la politique de transformation de notre industrie en industrie du XXIe siècle et de la diversification économique que nous avons entrepris. C’est pourquoi j’ai voulu que la communauté urbaine adopte une délibération cadre visant à développer l’agriculture périurbaine et le bio. Nous ne pouvons pas non plus rester sourd aux questions environnementales qui menacent notre santé.

Le combat pour la reconnaissance du préjudice subi par les travailleurs exposés à l’amiante et pour que la responsabilité pénale et civile de ceux qui en ont été responsables soit établie peut-être encore long, mais il est essentiel de le mener jusqu’au bout. Comme je l’ai toujours fait, je me tiendrais aux côtés des associations jusqu’à son terme. Elles peuvent compter sur mon soutien indéfectible.

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