Signature Patrice Vergriete Maire de Dunkerque et Président de la communauté urbaine

MAIRE DE DUNKERQUE - PRÉSIDENT DE LA COMMUNAUTÉ URBAINE

Le 4e Colloque des Villes Mémoires placé sous le signe de la jeunesse

5 juin 2019

Le 28 mai dernier, Dunkerque accueillait la 4e édition du Colloque des Villes mémoires.

J’ai tenu à ce que cette édition soit placée sous le signe de la jeunesse, car c’est à la nouvelle génération de reprendre le flambeau du travail de mémoire que nous effectuons.

Pour cette jeune génération, pour qui la guerre n’est qu’une évocation, un passage dans les livres d’Histoire, il est plus que jamais nécessaire de faire entendre notre message, de leur faire comprendre que la haine et le rejet de l’autre conduisent à la violence et aux horreurs de la guerre.

C’est pour cela que nous devons donner à nos jeunes, tous nos jeunes, la possibilité de découvrir le monde de leurs propres yeux. Je souhaite que dans quelques années, pour le 10e colloque des villes mémoires, chaque jeune de moins de 25 ans résidant du Dunkerquois ai pu, au moins une fois, voyager à l’étranger. Parce qu’un séjour à l’étranger c’est une opportunité d’ouvrir son esprit aux différences, de se confronter positivement à une culture différente de la sienne.

C’est à cette jeune génération de porter et de faire vivre le message de paix, pour que nous ne connaissions plus jamais ça.

Pour ce 4e colloque, nous avions la chance d’accueillir de nombreux amis, venue de Bizerte, Caen, Coventry, Hiroshima (à travers son représentant en France monsieur le maire de Grigny), Le Havre, Oradour-sur-Glane, Rostock, Saint-Nazaire, Saint-Pétersbourg, Ypres. Certains membres du réseau n’ont malheureusement pas pu se joindre à nous. Mais il y a une absence aujourd’hui qui me touche particulièrement, c’est celle de notre ami Pawel Adamowicz, assassiné le 13 janvier dernier au cours d’une réunion publique caritative dans la ville de Gdansk en Pologne dont il était le maire.

Je voulu que nous lui rendions hommage car Pawel incarnait parfaitement ce pour quoi nous avons fondé ce réseau. Son assassinat nous rappelle hélas combien est nécessaire le travail de mémoire et de transmission d’un message de paix et d’ouverture au monde que nous accomplissons ensemble. Je retiendrais les dernières phrases prononcées par Pawel, quelques instants avant les coups fatals : « Gdansk est généreuse, Gdansk est la ville de la solidarité, Gdansk est la plus belle ville du monde ». Oui, c’est bien avec la générosité et la solidarité que nous bâtirons les plus belles villes du monde, n’en déplaise aux porteurs de haine et de replis sur soi.

En 2016, ici même, nous lancions ce réseau des Villes mémoires. Quel en était le but ? Rassembler dans un même élan, une même volonté des villes qui ont su à partir de leur histoire, se reconstruire, développer un esprit de solidarité, de paix, de résilience, d’innovation pour faire vivre le devoir de mémoire. En effet, ce réseau permet d’adresser au monde un message de paix, d’effectuer un travail sur la mémoire vivante et de tisser des liens entre les jeunes des villes du réseau.

En tant que Dunkerquois, le devoir de mémoire est un enjeu particulièrement important pour notre territoire transfrontalier, encore plus dans le contexte des grands défis que nous rencontrons aujourd’hui.

Depuis 2016, le territoire Dunkerquois s’est pleinement saisi de cette dynamique mémorielle que nous avons développé. Il est vrai que le film de Christopher Nolan a été un formidable accélérateur. Nous avons souhaité rendre la plus vivante possible, la plus accessible possible, cette histoire singulière qui est la nôtre.

 Notre axions s’est concrétisée par la rénovation et la modernisation du musée Dynamo ; par la création d’une œuvre d’art monumentale, le Sablier de Séverine Hubard dont il sera question dans la première table ronde ; par la mise en valeur du Princess Elizabeth, notre Little Ship, pour en faire un lieu vivant. Dans les jours à venir, nous présenterons notre nouveau musée à ciel ouvert qui se basera sur les nouvelles technologies de réalité augmentée, on peut aussi évoquer les transformations en cours au Fort des Dunes de Leffrinckoucke qui a vocation à être un outil culturel de médiation et de transmission de haut niveau.

Ces réalisations, ces investissements nous les faisons, et les villes membres en font de même, pour toucher largement la jeunesse. La mobilisation de la jeunesse est l’un des thèmes qu’il nous semblait essentiel de mettre en avant dans de 4e colloque.

Pour les jeunes générations, pour qui la guerre n’est qu’une évocation, un passage dans les livres d’Histoire, Il est plus que jamais nécessaire de faire entendre notre message, de leur faire comprendre que la haine et le rejet de l’autre conduisent à la violence et aux horreurs de la guerre. C’est à cette jeune génération aujourd’hui de porter et de faire vivre le message de paix, pour que nous ne connaissions plus jamais ça.

La semaine dernière, j’ai eu la chance, avec environ 200 lycéens dunkerquois, de rencontrer une personne extraordinaire. Durant une journée, Ginette Kolinka, 94 ans, rescapée des camps de la mort est venue raconter son histoire, pour leur expliquer l’importance de se souvenir de ce que fut la politique d’extermination du régime nazi, aboutissement ultime du nationalisme, du repli sur soi et de la haine de l’autre.

Rencontrer ce témoin, victime de la barbarie est un moment fort dons se toute leur vie ces jeunes. Comme le dit Ginette Kolinka, ces rencontres permettent de semer les petites graines de la mémoire. Faisons le vœu que ces graines germent et grandissent pour devenir les fleurs de la paix et du souvenir.

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